Présentation

portrait

Il est un moment dans la vie où le besoin se fait cruellement sentir de jeter loin ses vieux jouets et d’aller   » se faire voir ailleurs  » . Mais un tropisme peut en cacher un autre et déjà porter la laisse de l’esclavage , comme lorsque l’on a quitté sa rive et que l’on a pas encore aperçu l’autre …Il fait déjà nuit ! D’une passion qui déformait la vision , il ne reste que quelques  » trucs  » laborieusement appris , éparpillés , démembrés entre Occident et Orient , et que la vie finalement n’est  qu’un second métier . J’ai quitté mon bac à sable en 1983 pour le Japon où je suis resté distraitement jusqu’en 2008 pour revenir dans la Gratianopolis les yeux tellement remplis de choses que je ne puis m’empêcher de les taire, et , comme j’ai la vieillesse  turbulente … PINXIT ! Si je dis  » taire  » c’est que la familiarité du bagage parlé risque fort de me donner l’impression d’avoir à rendre ma copie avec un bras coupé qui tremble encore …

DSC_0041J’ai toujours été fasciné par les graffitis , et autres simulacres d’écritures que je considère presque toujours comme étant de merveilleuses secondes d’égarement …La peinture se fait sans nous …Enfin sans moi , car à force d’arpenter la fragile inconstance de Kyoto ou le  » brouillon-bougé  » d’Osaka comme un étudiant démobilisé , l’exotisme et le déclassement , qui vont souvent de pair , m’ont amené à réinventer ce métier qui est devenu le mien comme un devoir de vacances …Angoisses et charmes … Le lamellé-contre-collé-patchwork du décor cousus ensembles font surgir des signes et des formes qu’une lame de fond pourrait exalter … On se calme très vite devant la toile blanche.

Peut-on expliquer la peinture ? Le discours d’aujourd’hui , sur le sujet , dépasse toujours l’intention que l’artiste aurait pu y mettre , et dans ce pays qui se tue à vouloir  » perfectionner  » la perfection ( je parle du Japon ) je me suis efforcé dans ma peinture de faire un geste qui peut exprimer un état de semi-consentement de l’esprit .On jongle sans gérer , les outils avec lesquels je peins sont devenus par conséquent rudimentaires , choisis dans un ensemble qui aura seule charge d’expression , et en toute subjectivité , de sorte que mon travail ne se connaisse qu’inachevé laissant toujours du  » possible  » de reste.

André Joseph DUPLESSIS